
LA PANEURYTHMIE DANS LE CIEL AU-DESSUS DU MONT MOUSSALLAH
Concert-récital 30.09.2006
Contenu:
- Galerie:
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- AVEC LE TRAIN A VAPEUR – SAMOVAR A LA MONTAGNE
- L’ESCALADE DU MONT MOUSSALLAH AVEC LES LANTERNES ALLUMEES
- LA LUMIERE QUI MONTRAIT LE SENTIER VERS LE MONT MOUSSALLAH
- LA PANEURYTHMIE DANS LE MONDE INVISIBLE. LA PANEURYTHMIE
DANS LE CIEL AU-DESSUS DU MONT MOUSSALLAH - COMMENT LA DANSE SERA-T-ELLE ENVOYEE DU CIEL SUR TERRE?
- LA QUELLE DES DEUX PANEURYTHMIES EST MEILLEURE?
- A QUOI LA PANEURYTHMIE DU LEVER DU SOLEIL SERVIRA-T-ELLE?
- Deuxième partie
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Mémoires du « Lever du Soleil »
Musique: le Maître Deunov — Béïnsa Douno
Arrangement : Anna Karalacheva
Avec la participation de:
Maria Ivanova – soprano, Anna Karalacheva – piano
Présentateur : Petar Vanguélov
Dans le salon de la commune du Lever du Soleil Rue Tchekhov 16-А
Première partie
Première partie
Deuxième partie
Galerie:
Première partie:
AVEC LE TRAIN A VAPEUR – SAMOVAR A LA MONTAGNE
Raconté par Maria Todorova
В: Изгревът … Т. 5. София, 1996, с. 419–420. ISBN 954-90041-5-5
Pendant les premières années, nous sortions en excursions sur le mont Moussallah. Le groupe se réunissait à Sofia, et nous louions des camions qui nous transportaient jusqu’à la villégiature de Tchamkoria, appelée de nos jours Borovets.
En 1922, nous avons entrepris une excursion jusqu’à Moussallah ; nous étions assez nombreux dans le groupe, et notre chemin passait par Tchamkoria.
Notre groupe était varié, à cause de sa composition hétéroclite. Des jeunes, des vieux, tous marchaient dans la colonne, un par un. A cette époque-là, le tourisme de masse n’était pas connu et, pour les estivants à Tchamkoria, notre apparition représentait un spectacle très intéressant qui se donnait dans la montagne. Nous passions devant leurs villas, et ils sortaient en peignoirs et demandaient: „Qui pourraient être ces mendiants sauvages?“ Non seulement ils riaient de nous, mais aussi ils se moquaient ouvertement de nous: pour eux, c’était un phénomène inconnu, quelque chose d’étrange. Et bizarre. Et si on ajoute que les frères avaient bricolé des samovars que l’on portait comme des sacs-à-dos… Et l’eau dans le samovar à bouillir, et la vapeur qui s’élevait, et au-dessus on entendait un „piu-u-u!“. Le sifflement venait de la vapeur qui sortait de l’orifice étroit du samovar et celui-ci ressemblait à une locomotive marchant sur deux pieds. Quand le sifflement s’entendait, le frère qui portait le samovar s’arrêtait et criait: „Qui veut de l’eau chaude?“ Une personne s’approchait, tendait son gobelet, le frère lui tournait le dos et elle tournait le robinet, et de l’eau chaude commençait à couler de l’orifice. Les samovars étaient alimentés en charbon que l’on faisait brûler. Alors, pour les aristocrates à Tchamkoria, c’était si étrange et si drôle! Le groupe marche, en colonne, un par un, et tous les 20–30 mètres, les samovars sifflent et crachent de la vapeur. Les gens nous regardaient et ils croyaient que nous étions timbrés, et ils levaient la main en pivotant le poignet, pour nous dire que nous étions un peu „tra-la-la“.
C’était comme cela pour les gens à Tchamkoria. Et pour les sofiotes, c’était encore plus amusant. Ils se tordaient de rire. Et certains s’enhardissaient et venaient voir quelle était ce bricolage et cette invention. Ils regardaient sous toutes ces faces, et ils tranchaient: „C’est ingénieux, c’est pratique, mais c’est très drôle, parce qu’une chose pareille n’existe nulle part dans le monde entier: on la met sur son dos, et on va à la montagne avec.“ Voilà pourquoi ils riaient de nous.
Des années sont passées, et les gens ont commencé à s’habituer à nous voir avec ces samovars bouillants sur les dos. Après, ils demandaient: „Où sont vos locomotives à vapeur?“ J’ai atteint l’âge à entendre une mère qui expliquait à son enfant: „Tu vois cette personne qui porte quelque chose sur son dos, et que ça crache de la vapeur et siffle? Cette personne est la locomotive à vapeur du train. Il marche, et les autres le suivent. Les autres, c’est les wagons.“ Et l’enfant à demander: „Maman, comment est-ce que la locomotive les tire, ces personnes-là qui ne sont pas attachées l’une à l’autre?“ Et la mère ne saivait pas quoi répondre. Je me suis tournée et j’ai dit: „Ma petite, nous sommes liés par des cordes invisibles, parce que ce sont des cordes magiques.“ La réponse a contenté l’enfant, mais la mère m’a regardée d’un air horrifié.
Plus tard, là-bas, au centre de Tchamkoria, les camions déposaient nos bagages, et après une halte, nous partions pour escalader le mont Moussallah.
Les photos où on voit les camions qui transportaient les groupes de Sofia à Tchamkoria sont de 1927 et se trouvent sur cette planche-ci, au-dessous de moi.
„PAS A PAS”
L’ESCALADE DU MONT MOUSSALLAH AVEC LES LANTERNES ALLUMEES
Raconté par Maria Todorova
В: Изгревът … Т. 1. София, 1993, с. 204. ISBN 954-799-183-3
Les premières années, nous sortions pour faire des excursions au mont Moussallah. Le groupe se rassemblait à Sofia, nous louions des camions qui nous conduisaient jusqu’à Tchamkoria qui à présent s’appelle Borovets. Nous descendions les bagages des camions et nous partions de là, à pied, vers le chalet de Moussallah. Nous faisions plusieurs haltes. Au milieu du chemin, un grand rocher se dressait: on y faisait une halte obligatoire avec le Maître. Parfois, nos bagages étaient chargés sur des chevaux que nous louions avec les services de leurs propriétaires de la ville de Samokov. En haut, sur le mont Moussallah, le vieux chalet de bois nous attendait. D’habitude, c’est le Maître qui s’installait à l’intérieur, et obligatoirement, les sœurs aussi. Les frères allumaient des feux et se tenaient et dormaient autour de ceux-ci. A cette époque-là, nous n’avions pas de tentes, et nous portions des toiles militaires restées du temps des guerres. Nous restions autour des feux en chantant et en buvant de la tisane jusqu’aux heures tardives de la soirée. Puis, nous allions nous coucher. Nous devions nous lever vers trois heures du matin pour partir vers le mont Moussallah.
A un signal donné, nous nous levâmes, nous nous habillâmes, quelques lanternes furent allumées, et la colonne partit en silence. Un frère marchait en tête de la colonne, une lanterne allumée en main, et un autre frère portait aussi une lanterne au bout de la colonne. Ainsi, peu à peu, nous escaladions le sentier dans la nuit sombre, et la colonne arriva jusqu’au mont Moussallah. Il faisait encore nuit. Nous fîmes une prière commune. Graduellement, le ciel commença à s’éclaircir à l’est. C’était une expérience extraordinaire. Du beau temps et un ciel serein s’annonçaient. Cela arrivait rarement au mont Moussallah et si cela arrivait, c’était un miracle inouï. Nous attendions le lever du Soleil. Le premier rayon du Soleil apparut des fins fonds de l’espace et du monde. Nous chantâmes des chansons du Maître. Après, le Maître dit quelques Paroles. Nous attendîmes que le disque du Soleil sorte à un empan au-dessus de l’horizon. Il y avait du vent, et nous nous abritâmes. Nous bûmes de la tisane que nous portions dans nos thermos. Certains allèrent à l’observatoire sur le mont Moussallah. Vers dix heures, nous descendîmes au premier lac appelé „L’Œil“.
Nous fîmes une halte, nous prîmes le petit déjeuner, et dans l’après-midi, nous rentrâmes dans le chalet „Moussallah“. Là-haut, un frère nous attendait. Il s’appelait Méthodi Chivatchev. Il était nommé par le Maître à garder les bagages et à entretenir le feu. Il s’approcha du Maître et Lui a dit:
– J’ai bien gardé les bagages, Maître, et j’ai entretenu le feu sans relâche.
Le Maître lui fit signe de tête et lui a souri:
– Nous avons passé du bon temps. Et maintenant, repose-toi de ta garde, parce que demain matin, tu iras au mont tout seul. N’est-ce pas que tu es venu pour cela: escalader le mont Moussallah et y attendre le lever du Soleil?
Le frère haussa les épaules et dit tout bas:
– Eh, s’il faut que j’escalade le mont, je vais l’escalader, mais à quelle heure est-ce que je dois partir?
– À trois heures: à l’heure où nous sommes partis, pour que tu sois là-haut, seul, au lever du Soleil. – Le Maître insista et accentua sur le mot „seul“. Et le frère Méthodi, lui, il s’attendait à partir au lever du jour!
„MOUSSALLAH”
LA LUMIERE QUI MONTRAIT LE SENTIER VERS LE MONT MOUSSALLAH
Raconté par Maria Todorova
В: Изгревът … Т. 1. София, 1993, с. 205. ISBN 954-799-183-3
Et le Maître insista et accentua sur le mot „seul“. Et le frère Méthodi, lui, il s’attendait à partir au lever du jour! Il avait prévu de prendre avec lui des amis pour lui tenir compagnie. Mais maintenant, la tâche à accomplir, c’est une tâche à accomplir. Ici, il était laissé tout seul à garder les bagages, et maintenant, il devait escalader tout seul le mont Moussallah. C’était son sort, apparemment: aller tout seul au mont Moussallah.
Pendant la nuit, il sentit que quelqu’un le réveillait. Il regarda autour de lui: il n’y avait personne. Il regarda sa montre: il était déjà deux heures et quelques. Il s’habilla dans le noir. Au fait, il n’avait pas à s’habiller: il avait dormi comme ça, tout habillé. Il décida de prendre une lanterne, mais il ne savait pas où ils l’avaient mis. Et maintenant, il fait noir, où la chercher, la lanterne, alors que tout le monde dort? Il décida donc de partir sans lanterne, puisqu’il y avait un sentier: il allait le suivre, et il allait se trouver là-haut. Il décida comme ça, et de nouveau il ne savait pas pourquoi il avait pris cette décision, et il partit. Peu à peu, il s’habitua à l’obscurité. Il trouva le sentier. Et, quand il mit ses pieds sur le sentier, soudain, un faisceau lumineux apparût. Oui, un faisceau lumineux, comme si quelqu’un marchait devant lui et au-dessus de lui et qu’il éclairait son chemin avec une torche à un ou deux mètres devant lui. Il se tourna, regarda derrière lui: il n’y avait personne. Devant lui non plus. Il regarda vers le haut, au-dessus de sa tête, mais il ne voyait rien, il n’y avait personne. Et pourtant, la lumière venait de deux mètres au-dessus du sol, ce qui faisait un empan au-dessus de sa tête, et elle tombait obliquement vers le bas, à un ou deux mètres devant lui, et elle éclairait son chemin. Il surmonta sa peur et sa surprise. Comme il avait eu d’autres expériences avec le Maître qui dépassaient l’ordinaire et frôlaient le miracle, étant incompréhensibles pour l’intelligence humaine, il comprit que c’était une œuvre du Maître. Il Le remercia dans sa pensée, et il se mit à marcher d’un pas plus sûr et sans plus tarder. Aux endroits propices, la lumière cessait d’avancer : cela voulait dire qu’il devait faire une halte. Quand la lumière recommençait d’avancer, lui aussi se remettait en route. Il revécut dans sa pensée les événements de la Bible quand l’Esprit du Seigneur, en forme de boule en feu pendant la nuit et en forme de colonne de feu le jour conduisait les Juifs dans le désert. Il revécut la même chose à cet instant-là. Ainsi, tout en réfléchissant sur les années bibliques historiques et sur la colonne en feu ayant conduit les Juifs, il arriva au pied du mont. Deux ou trois heures plus tard, il était arrivé en haut, sur le mont de Moussallah. Le faisceau de lumière le conduisit et s’arrêta à un endroit strictement déterminé. Méthodi se tenait à l’endroit qui lui avait été destiné. Soudain, la lumière qui l’avait conduit à cet endroit s’éteignit. Un silence profond régna.
„UNE BELLE JOURNEE”
LA PANEURYTHMIE DANS LE MONDE INVISIBLE. LA PANEURYTHMIE
DANS LE CIEL AU-DESSUS DU MONT MOUSSALLAH
Raconté par Maria Todorova
В: Изгревът … Т. 1. София, 1993, с. 205. ISBN 954-799-183-3
Méthodi se trouvait sur le mont Moussallah. Il n’y avait personne autour de lui! Il était tout seul. Il regarda autour, et ne voyait rien! La lumière qui l’avait mené, s’était éteinte. Un silence cosmique s’était installé.
Et de l’obscurité. Soudain, il entendit de la musique et des chants venant de très haut dans les cieux au-dessus de sa tête. Il aimait beaucoup chanter et jouer, et il avait même fait partie d’un chœur d’église, et il savait très bien ce que les chants et les interprétations de chœur représentaient. Mais il entendit de la musique aussi. Méthodi leva la tête à 600 vers le ciel, pour voir d’où venaient ces chants et cette musique. Il releva la tête, et qu’est-ce qu’il vit: en haut, dans les cieux, une lumière se découpait en forme d’ellipse. Il fixa cette ellipse lumineuse. Il la regardait attentivement, et il vit qu’elle était composée d’êtres représentant des figures humaines baignant dans la lumière, habillées de blanc et dansant alignées deux par deux et en rond. Les êtres dansaient, en faisant des mouvements avec les bras et les jambes, et ils se déplaçaient en rond, accompagnés par une musique et des chants extraordinaires. Une lumière divine les entourait. On entendait les chants et la musique. Celle-ci accompagnait le mouvement entier des couples en lumière dansant dans le cercle. Les êtres dansaient en rond. Une lumière blanche incomparable à nulle autre émanait des silhouettes des couples. C’était une lumière vivante qui vibrait et se déplaçait en cercle. Tout se déplaçait en rond: l’ellipse, les lueurs dedans, les silhouettes lumineuses, pendant que les chants et la musique les accompagnaient.
Méthodi Chivatchev demeurait rêveur, transporté, en les contemplant. Les minutes passaient, cela faisait presqu’une heure. A un moment donné, le cercle de lumière en haut devint plus brillant. Quand la danse se finit, les êtres lumineux se rassemblèrent, se saluèrent, puis se regroupèrent au centre et après, ils s’éloignèrent dans l’espace sous la forme d’une boule de feu. La lumière en haut, au-dessus de sa tête, disparut. L’obscurité s’instaura de nouveau. Les sons des chants et de la musique continuaient de sonner dans ses oreilles. Un petit instant plus tard, le jour pointa. Méthodi contempla le lever splendide du Soleil. Le premier rayon apparut. De la musique et du chant continuaient de sonner dans ses oreilles. Comme si les chants et la musique célestes de tout à l’heure et l’ellipse lumineuse étaient passés dans les rayons du Soleil. Il sentait les rayons du disque du Soleil levant qui faisaient eux aussi leur danse. Et il voyait que chaque rayon solaire venant de l’espace à côté de lui représentait non pas un rayon, mais un être lumineux qui se rapprochait en dansant, par des mouvements, de la musique et des chants. C’est ce que Méthodi continuait de voir et d’entendre, et il le contempla jusqu’à l’apparition du disque solaire en entier. Ce fut alors que les rayons cessèrent de danser et de chanter, et que la musique s’estompa graduellement pour se perdre dans l’espace.
„LE SOLEIL SE LEVE”
COMMENT LA DANSE SERA-T-ELLE ENVOYEE DU CIEL SUR TERRE?
Raconté par Maria Todorova
В: Изгревът … Т. 1. София, 1993, с. 206. ISBN 954-799-183-3
Méthodi avait contemplé plusieurs fois le Soleil au mont Moussallah, mais c’était la première fois qu’une chose pareille lui arrivait. Il savait que cette expérience n’était pas une expérience ordinaire, mais une vraie initiation pour des temps et des événements qui devaient arriver et s’accomplir. Il savait que cette apparition en forme d’ellipse n’était pas une apparition, mais une réalité véridique. Le lever du Soleil pour lui n’était pas non plus une apparition, mais une réalité véridique. Et il savait qu’il devait être le témoin de tout ce qu’il avait vu et entendu, pour en témoigner dans l’avenir. Il savait que cette expérience, c’était le Maître qui l’avait préparée pour lui. Mais pourquoi exactement pour lui? Il y avait des personnes beaucoup plus dignes que lui parmi les frères et les sœurs.
Méthodi Chivatchev resta encore un certain temps en haut, devant le Soleil. Après, il se dirigea vers l’observatoire, il y entra, et il vit qu’il n’y avait personne. Il entra dans la petite pièce. Sur une petite étagère, il vit une théière dégageant de la vapeur, un gobelet, un peu de fromage, du beurre et du pain. Il regarda autour de lui. Personne. Probablement, le gardien dormait encore. Méthodi comprit que ce petit déjeuner était pour lui: après tout ce qui venait de lui arriver. Il but le thé, il réchauffa son corps, il mangea un peu de tout, et il partit. Il descendait peu à peu, et vers midi, il arriva dans le bivouac du chalet. Nous venions de rentrer d’une des excursions régulières dans les environs que nous faisions avec le Maître.
Méthodi Chivatchev s’approcha du Maître et lui baisa la main. Méthodi était silencieux et confus. Mais en même temps joyeux et enfermé sur lui-même. Le Maître le regarda et lui demanda:
– Et bien, Méthodi, qu’est-ce que tu as vu là-haut?
Méthodi se mit à raconter, et nous écoutions. Il nous raconta tout en détails. Quand il termina son récit au sujet de la danse lumineuse dans ce cercle dans le ciel au-dessus du mont Moussallah où les anges célestes avaient chanté et dansé, le Maître se leva, leva Sa main droite pour saluer, et il dit d’un ton le plus solennel:
– Tout ce que tu as vu là-haut, dans le ciel du Moussallah, nous le ferons descendre ici, sur Terre. Nous le ferons descendre, pour que ce soit „comme là-haut, dans les Cieux, ainsi en bas, sur Terre“. Pour que le Royaume Céleste s’instaure, comme il est aux Cieux, dans le Royaume Céleste en bas, sur Terre, parmi les fils de l’homme.
Nous avons mémorisé cela. Une personne l’a écrit. C’est surtout Méthodi Chivatchev qui l’a mémorisé.
„FAIRE LA CONNAISSANCE”
LA QUELLE DES DEUX PANEURYTHMIES EST MEILLEURE?
Raconté par Maria Todorova
В: Изгревът … Т. 1. София, 1993, с. 208. ISBN 954-799-183-3
Quand la Paneurythmie fut donnée, il arriva que Méthodi Chivatchev fût venu aussi de Nova Zagora; il y était maître d’école. Il s’approcha du Maître, il Lui baisa la main. Le Maître lui demanda de venir auprès de Lui quand nous commençâmes à danser la Paneurythmie. Il vint auprès du Maître, et le Maître l’invita à s’asseoir sur le banc près du poteau avec la lampe où le Maître aimait s’asseoir. Méthodi observait. À la fin, quand la Paneurythmie se termina, le Maître et nous, nous nous approchâmes de lui. Le Maître s’adressa à lui et lui dit:
– Еh bien, Méthodi, qu’est-ce que tu en dis? Ce que tu viens de voir ici, sur la prairie, est-ce que c’est la même Paneurythmie que tu as vue là-haut, sur le mont Moussallah, dans le ciel?
Méthodi regarda les amis qui étaient joyeux et heureux, aux visages illuminés, il regarda aussi le Maître qui se tenait à côté de lui, et il dit:
– Ce que j’ai vu en haut, dans le ciel au-dessus de Moussallah, et ce que je viens de voir ici, sur la prairie, ce n’est pas la même chose. Ce que j’ai vu en haut, à Moussallah, c’était une perfection de musique, de mouvement et d’harmonie, et ici c’est autre chose.
Le Maître le regarda, mais cette fois-ci, sérieusement:
– Oui, la vraie Paneurythmie n’est pas encore descendue. La vraie Paneurythmie est en Haut, dans le Monde invisible. Elle ne peut pas être envoyée dans cette pureté de formes: mouvement et musique, ici en bas, sur Terre. Si elle est envoyée comme elle est en Haut, dans le Ciel, et qu’elle est jouée et dansée sur Terre, la Terre sera détruite. Elle sera envoyée pendant l’époque suivante. La Paneurythmie est une harmonie de l’âme humaine et de l’esprit humain qui ont fait la communion avec Dieu. À présent, l’âme humaine et l’esprit humain peuvent faire la communion avec Dieu dans l’harmonie complète uniquement en Haut, dans le Monde invisible, dans le Monde de la Sagesse où se trouvent la vraie Védière1) et la vraie Lumière des humains.
Et maintenant, vous, qu’est-ce que vous en pensez? C’est la Paneurythmie du Lever du Soleil qui est meilleure ou bien celle-là, au-dessus du ciel du mont Moussallah?
„TISSER”
A QUOI LA PANEURYTHMIE DU LEVER DU SOLEIL SERVIRA-T-ELLE?
Raconté par Maria Todorova
В: Изгревът … Т. 1. София, 1993, с. 208–209. ISBN 954-799-183-3
Nous sommes rassemblés autour du Maître et nous essayons de réfléchir sur Ses paroles que la vraie Paneurythmie est an haut, dans le Monde invisible.
– Et cette Paneurythmie, Maître, comment sera-t-elle ici? – a demandé une sœur.
– Cette Paneurythmie-là a été envoyée d’en Haut pour l’âme bulgare et l’esprit bulgare. Elle doit être envoyée d’en Haut, passer par l’individualité bulgare, passer par la personnalité bulgare, passer par la chanson populaire bulgare, par les pas de la danse traditionnelle bulgare, pour que soit créée l’harmonie entre la mélodie, le rythme et le mouvement. Parce que l’âme bulgare et l’esprit bulgare sont destinés à combiner cette mélodie, ce rythme et ce mouvement, et de créer en bas, sur Terre, la communion avec Dieu et avec le Grand Maître! Pour que les autres peuples accèdent à la Parole du Grand Maître, ils doivent partir de la terre bulgare, de la lecture et de l’écriture bulgares, pour qu’ils passent par la Paneurythmie. C’est alors qu’ils découvriront la Parole du Grand Maître. Il n’y a pas d’autre chemin pour l’humanité. La Bulgarie est destinée à cela. La Paneurythmie bulgare est destinée à cela. C’est d’elle qu’il faut partir! L’humanité doit y accéder et partir d’elle! Il faut partir d’ici: il n’existe pas d’autre moyen pour réveiller la conscience humaine sur le chemin de l’Affection Cosmique2).
Nous écoutons, nous regardons autour de nous, et nous nous demandons l’un à l’autre par le regard: „Mais, est-ce que c’est nous, les personnes auxquelles a été donnée cette Paneurythmie sur la Terre, pour la Nouvelle Humanité?“ Il s’est avéré que nous étions ces personnes-là: nous tous qui étions autour du Maître. Par notre vie, nous avions mérité ce privilège par rapport au reste de l’humanité: les gens qui étaient ce jour-là et les gens qui devaient les succéder.
„QUE NOUS SOMMES CONTENTS!”
ENTRACTE
Deuxième partie
UN TRAVAIL SPIRITUEL
Raconté par Boris Nikolov
В: Изгревът … Т. 2. София, 1995, с. 289–290. ISBN 954-90041-1-2
Après la tempétueuse 1923, pleine de coups de théâtres politiques et des meurtres, la nouvelle année 1924 est arrivée. Le pays était troublé, divisé. C’était alors que les communistes décidèrent que le moment le plus favorable étatit arrivé pour soulever une nouvelle émeute, en utilisant l’animosité des proches et des parents des communistes et des agriculteurs massacrés.
En 1925, à la tête du gouvernement se trouva Alexandar Tsankov, dans le pays fut instaurée une dictature qui se renforça encore plus après l’attentat dans l’église „Sveta Nedelya“ le 16 avril 1925 dans lequel 101 personnes furent tués. On était à la veille de nouveaux événements tempétueux qui se passeraient en été.
Alors, le Maître ordonna au frère Boev d’aller chez Natcho Petrov et d’assurer de la nourriture pour sept personnes, pour qu’ils aillent au mont Moussallah. Il leur dit: „Nous avons un travail spirituel important à faire.“
Le frère Natcho acheta de la nourriture, il remplit les sacs à dos, ils montèrent dans l’automobile de Lazar Kotev, et ils partirent pour Tchamkoria. Mais quand ils arrivèrent auprès de la voiture, ils virent qu’il y avait encore sept candidats qui étaient en train de s’instaler dans la deuxième voiture. Quand ils arrivèrent à Tchamkoria, soudain une dizaine d’autres personnes apparurent, arrivées par d’autres moyens de transport. Et voilà que le frère Natcho qui avait pris de la nourriture pour sept personnes seulement est obligé de nourrir une trentaine. Ceux qui arrivèrent après, voulaient voir quel travail spirituel aurait à faire le Maître au mont Moussallah. De la curiosité humaine.
Et le plus curieux de tous était Natcho Petrov. Il avait décidé de ne pas dormir, mais d’observer le Maître pendant la nuit, pour voir ce qu’Il ferait. Les autres s’endormirent, mais le frère Natcho somnolait; de temps en temps le sommeil le quittait, et alors il fixait le Maître. Chaque fois, il le trouvait éveillé, assis, priant en chuchotant: „Seigneur, Seigneur, Seigneur!“
Le jour suivant, ils montèrent sur le mont Moussallah. Pendant chaque halte, le Maître chuchotait les mêmes paroles.
Ils passèrent quelques jours dans la montagne, et après, ils revinrent. Natcho, ne tenant plus le coup, demanda:
– Maître, quel travail spirituel allions-nous faire?
Le Maître le regardé et dit:
– Tu as entendu et vu, n’est-ce pas!
Natcho pensa: „J’ai entendu et vu, mais je n’ai rien compris.“
Le Maître dit:
– J’ai invoqué le Seigneur, pour qu’Il ordonne à Ses serviteurs d’accomplir la Volonté de Dieu!
Peu après leur rentrée à Sofia, la situation politique en Bulgarie changea, et après un certain temps, elle prit une direction tout à fait différente.
Pendant l’automne de 1925, les milieux gouvernants décidèrent de faire changer Alexandar Tsankov avec une figure plus acceptable et moins compromise. Ce fut Andrey Lyaptchev qui fut mis à la tête du gouvernement le 3 janvier 1926 et qui fut son chef jusqu’en 1932. Une période arriva où les passions politiques se normalisèrent plus ou moins.
La Maître invoquait le Seigneur! Et nous, les humains sur Terre, aux âmes pleines de péchés, nous devions attendre que la parole du Maître partage en deux les temps et les événements en Bulgarie.
„Ô, AME SOUFFRANTE”
DES RENCONTRES EXTRAORDINAIRES AU MONT MOUSSALLAH
Raconté par Tsanka Ekimova
В: Изгревът … Т. 6. София, 1996, с. 285–286. ISBN 954-90041-6-3
Tous les ans, pendant une longue période, nous escaladions en groupes importants le mont Moussallah avec le Maître. Nous voyagions en camions jusqu’à Tchamkoria, et de là à pied par Tsarska Bistritsa jusqu’au chalet au mont Moussallah. Nos bagages étaient montés par des chevaux. La plupart des frères et sœurs n’avaient pas assez d’argent pour payer le transport par des chevaux et c’est pourquoi ils portaient leurs bagages et leur nourriture dans des sacs à dos.
Nous faisions le premier bivouac à côté du premier lac près de l’ancien chalet qui était construit en bois. Nous y restions un ou deux jours, et après nous partions pour escalader le mont.
Lors d’une escalade pareille, nous fîmes une halte sur la terrasse près du lac intérieur se trouvant sous le mont Tchadar-tépé. Nous construisîmes une haie en branches de pins de montagne, pour nous protéger du vent. Nous fîmes un grand feu (puisqu’il y avait des branches de pins) et nous nous assîmes autour pour nous réchauffer. Les théières dans lesquelles nous préparions de l’eau chaude se mirent à bouillir. Chacun de nous portait un gobelet, et le tendait à la personne qui était de service près des théières, elle nous y versait de l’eau chaude que nous buvions à volonté. Nous portions du sucre dans nos sacs à dos.
J’étais assise à côté du Maître qui avait une pèlerine sur ses épaules. J’entendis Sa voix:
– Demain, nous irons au mont Moussallah.
Nous chantâmes autour du feu. Un moment vint où nous tous, fatigués, nous assoupîmes autour du feu. C’était tard dans la nuit. Moi, je ne dormais pas encore. Soudain, je vis devant moi trois êtres, si énormes que je paraissais comme une fourmi comparée à eux. Ces êtres portaient des pèlerines de la couleur des brumes, touchant le sol, et des chapeaux aux bords larges, comme ceux des mages du Moyen-Âge. Ils me fixèrent d’un regard profond en disant:
– Demain, vous n’irez pas sur le mont: il y aura des brouillards.
Après avoir dit cela et qu’ils furent persuadés que j’avais tout mémorisé, ils disparurent dans l’espace avec leurs pèlerines déployées.
Ce n’était pas dans un rêve, mais c’était en réalité. Ce n’était pas non plus une apparition, mais une réalité. Je fis l’effort de tout mémoriser et de ne pas le considérer comme un rêve. Je m’étais endormie.
Le matin, quand nous fûmes tous réveillés, il y avait un brouillard opaque, et nous ne pouvions même pas bouger d’un mètre. Les frères s’affairaient autour du foyer, il fallait allumer un feu, et ils s’orientaient dans le brouillard épais en criant et en sifflant, pour pouvoir couper du bois pour le feu.
Ce jour-là, nous restâmes avec le Maître autour du foyer, en captivité à cause du brouillard épais. Après, le brouillard se dissipa, et nous montâmes sur le mont avec le Maître. Là-haut, il se tourna vers moi et sourit:
– Eh, j’ai dit, les trois mousquetaires ont repris leurs chapeaux qu’ils nous avaient laissés là-bas, près du lac.
Je compris alors que le Maître mentionnait ces trois êtres que j’avais vus: avec leurs pèlerines longues et leurs chapeaux larges.
Ici, au mont Moussallah, il n’y avait pas de brouillards, il y avait du soleil et le silence régnait. Et quelle belle vue se découvrait autour ! Une beauté féérique, extraterrestre ! L’Esprit et l’Être avaient fusionné en unité par la Parole du Maître.
„LE FEU S’EST ALLUME”
LES ETRES AU CORPS ETHERES AU MONT MOUSSALLAH
Raconté par Tsanka Ekimova
В: Изгревът … Т. 6. София, 1996, с. 286. ISBN 954-90041-6-3
Une autre fois, un certain temps après, nous escaladions de nouveau le mont Moussallah: nous étions un petit groupe d’amis et le Maître. D’habitude, avant de monter sur le pic le matin, nous faisions une halte près du deuxième lac à côté du petit chalet en bois.
Je me laissais entraîner par mes pensées, et à cet instant-là, la montagne devint vivante. De grands blocs en pierre, je vis descendre des êtres dans des corps éthérés, semi-transparents, portant des habits étranges, anciens, datant d’époques diverses et propres aux cultures différentes: égyptienne, persienne, syrienne, de la Grèce ancienne, etc., et portant des parures de fête en or des époques respectives. Alors j’entendis une voix très claire qui me dit: „Ce sont les dirigeants de ces époques et cultures qui n’ont pas accompli leurs tâches correctement en tant que dirigeants, et ces blocs rocheux représentent leurs prisons.“
C’était une expérience stupéfiante, puisque juste avant de partir du Lever du Soleil pour le mont Moussallah, quand j’avais fait une visite au Maître (comme chaque fois que je venais de Gabrovo, j’allais Le voir), Il m’avait dit: „Le temps est déjà venu où la montagne vous dévoilera son contenu.“ J’avais mémorisé cela, mais en m’étonnant et en me disant que cela n’avait rien à voir avec notre conversation. Je pensai que c’était une certaine symbolique. Et voilà, il s’est avéré que ces paroles du Maître n’étaient pas du tout symboliques, mais que c’était une réalité que l’on avait prévu que j’allais toucher et rencontrer à Rila. C’était une expérience extraordinaire dans un autre monde, avec d’autres sens, et dans une autre réalité.
Du mont Moussallah, le Maître posa son regard sur les forêts et les monts nombreux au-delà de la vallée de la rivière Béli Iskar, et dit:
– Ils sont purs, et des êtres serviteurs y habitent. En général, ils aiment habiter là où l’homme ne met pas le pied et là où personne ne les dérange. Ils connaissent l’art de devenir visibles ou invisibles, ils mènent une vie semi-physique et semi-astrale, ils ont leurs habitations ici.
L’éther pénètre l’air et la lumière, ils se pénètrent l’un l’autre. Ce qui pénètre, domine. Ce qui est plus petit habite dans ce qui est plus grand, et ce qui est plus grand embrasse ce qui est plus petit. L’éther possède quatre états. Les gens pensent que l’éther est homogène partout, mais ce n’est pas vrai. Les soleils sont des centres des énergies éthérées. La pression de l’éther forme les soleils. Là où il y a un soleil, la pression de l’éther est la plus forte. De cette pression de l’éther se forment les systèmes solaires dans l’espace infini. Donc, la pression de l’éther n’est pas la même partout.
Le Maître regarda de nouveau les pics parsemant la région derrière la vallée de la rivière Béli Iskar, et dit:
– Imaginez-vous que ces êtres habitent un lieu qui n’est pas du tout attirant pour les humains. Cet endroit paraît n’être composé que des rochers nus, mais c’étaient eux qui le font paraître non attirant, et les humains ne voudront pas y habiter.
Nous, avec nos yeux humains, nous ne voyons que les formes, mais quand nos yeux s’ouvriront pour le Monde spirituel, nous verrons la vraie vie sur Terre.
„L’AURORE DE LA NOUVELLE VIE”
UNE VOITURE OBTENUE SANS MENSONGE
Raconté par Boris Nikolov
В: Изгревът … Т. 3. София, 1995, с. 159. ISBN 954-90041-2-8
C’était en 1942, quand nous vivions les horreurs de la Deuxième guerre mondiale. Le Maître appela le frère Boyan Boev et lui dit:
– Est-ce que tu pourras organiser une escalade du mont Moussallah pour un groupe pas très nombreux?
Le frère Boyan ne se fit pas prier.
– Je peux, Maître, bien sûr que oui!
Le Maître sourit:
– Bon!
Le frère Boyan accourut en me disant:
– Le Maître veut que nous allions au mont Moussallah!
Nous nous sommes assis pour réfléchir. Nous n’avions pas de difficulté d’approvisionnement, même si c’étaient les années des coupons de guerre. On distribuait les produits alimentaires contre des coupons. Le plus difficile c’était de trouver une voiture pour nous amener jusqu’à Tchamkoria. En fait, il y avait des voitures, mais il n’y avait pas d’essence: on en livrait uniquement contre des billets spéciaux, pour des cas vraiment urgents.
Je partis chercher le service respectif. Je le trouvai. Il y avait une queue énorme devant le guichet. Je me mis à faire la queue moi aussi, et j’attendais. J’écoutais les conversations: on autorise l’utilisation de voitures seulement pour les malades. Un policier d’un air miteux et stupide était assis derrière le guichet. Il travaillait comme un automate. Il faisait ce qu’on lui avait ordonné, et rien d’autre. Je m’approchai du guichet en réfléchissant. Je m’efforçais et je cherchais dans ma tête des arguments, mais je vis que la seule raison où l’usage des voitures était autorisé c’était pour transporter des malades. Je cherchai un moyen de faire un compromis à l’intérieur de moi-même. Je m’efforçai, et enfin je me dis: „Le frère Boyan ne va pas bien, il a les jambes faibles. Je vais considérer que je veux la voiture pour lui.“ Quelque chose en moi n’était pas d’accord avec cela, mais je me trouvais justement devant le guichet, et je dis mécaniquement: „Une voiture pour une personne malade, jusqu’à Tchamkoria.“ J’obtins le billet, mais la petite joie que cette réussite alluma en moi s’éteignit très vite.
Je me dirigeai vers le Lever du Soleil. Le frère Boyan était assis sans la même pose que tout à l’heure et m’attendait. Je mis le billet sur la table devant lui, mais sans lui dire la manière dont je l’avais obtenu. Boyan courut tout de suite vers le Maître et frappa à la porte. La porte s’entrouvrit, et le Maître apparut. Boyan lui tendit le billet, plein d’enthousiasme, en Lui disant:
– Maître, nous avons obtenu une voiture jusqu’à Tchamkoria!
Mais le Maître se tenait là, d’un air sévère, silencieux. Il ne le faisait pas entrer dans la chambre, mais l’obligeait à rester dehors; et tout d’un coup, Il trancha:
– Moi, je ne monte pas dans une voiture obtenue par un mensonge.
Boyan resta comme foudroyé. Il rentra chez lui, en se traînant à peine, le feu de son enthousiasme étant complètement éteint. Ils vint me voir, il s’assit sur la table et murmure:
– Le Maître ne veut pas monter dans une voiture obtenue par un mensonge.
C’est moi qui fus foudroyé à mon tour. Je pris vite le billet et je courus en ville. J’allai de nouveau dans le service, je montai chez le chef, je frappai à la porte, je l’ouvris et j’entrai.
„DIS-MOI LA VERITE”
LE MAITRE DIT ADIEU AU MONT MOUSSALLAH
Raconté par Boris Nikolov
В: Изгревът … Т. 3. София, 1995, с. 159–160. ISBN 954-90041-2-8
Un jeune homme était assis derrière le bureau, habillé en uniforme d’officier, au visage clair et sympathique. Je lui dis:
– Monsieur Deunov voudrait aller au mont de Moussallah, accompagné de certains de ses disciples. Nous avons besoin d’une voiture jusqu’à Tchamkoria.
Le jeune homme me regarda, tendit la main, prit une petite feuille de papier de son bureau et y écrivit: „Oui“. Puis, il signa, me tendit la petite feuille, sans rien me demander et sans me dire un mot. Je descendis à l’étage au-dessous, je fis la queue une deuxième fois, j’attendis mon tour, je tendis le billet au policier et j’obtins un autre billet d’autorisation, mais cette fois-ci sans mensonge.
C’est moi qui vole vers le haut, vers le Lever du Soleil. Qui dit que l’être humain n’a pas des ailes? Il en a. Cela dépend de la force qui le meut.
Le frère Boyan était assis à la même place, désespéré. Je mis le billet devant lui:
– Voici un billet obtenu sans mensonge.
Et alors, c’est lui qui courut vers le Maître:
– Maître, nous avons un billet pour l’essence, obtenu sans mensonge.
Le Maître sourit et dit:
– Bon! Est-ce que nous pouvons partir vendredi?
Ce fut la dernière excursion avec le Maître au mont Moussallah. Pendant toute l’escalade, Il était triste, silencieux, enfermé sur lui-même. Il se fatiguait, il s’arrêtait souvent pour s’appuyer. Je portais son sac à dos. Il peinait à marcher. Il respirait péniblement, il s’arrêtait en disant: „Halte! Une minute.“ Puis, il s’appuyait sur son bâton, fermait les yeux et s’asseyait. Après, il posait son regard sur les rochers majestueux. À son endroit préféré, à côté de la grande roche, Il regarda longtemps la petite rivière, ses vagues limpides qui chantaient. Pendant toute l’escalade, c’était comme si l’air ne lui suffisait pas. Et pourtant, quelle force y-avait-il dans l’air, quel parfum sublime! Nous le sentions, parce que nous étions jeunes. Mais le Maître, Lui, il disait adieu à ses endroits favoris, mais nous ne nous en doutions pas encore. Oh quelle belle vie avions nous vécue avec Lui, ici, à ces endroits!
Nous nous installâmes à côté du chalet pour passer la nuit. Pendant la nuit, selon notre coutume, vers 1 ou 2 heures, nous nous dirigeâmes vers le mont Moussallah. Et il y avait Mantcho, l’observateur. Il était très gentil et il témoignait un grand attachement au Maître, et il nous faisait toujours un accueil très chaleureux. Il nous invitait à entrer, et il nous proposait de la tisane; il était un sympathisant de la Fraternité et du Maître.
Le Maître mettait toujours une idée lors de l’escalade du mont Moussallah. Le sentiment que le Maître disait adieu au mont Moussallah ne me quittait pas. Il était exténué et Il a passé la plupart du temps à se reposer. Nous passâmes trois jours dans le chalet, et chaque matin nous étions au mont Moussallah pour voir le lever du Soleil.
C’était le moment où le Maître disait adieu au mont Moussallah.
Je me rappelle l’an 1922, quand le Maître ouvrit l’École et qu’Il a chanté et donné la chanson „Fir-Fur-Fène“ à la réunion à la ville de Tarnovo. Cette chanson est devenue la marche de bataille de la Fraternité Blanche, et c’est par elle que toutes les forces ennemies furent dissipées.
Aujourd’hui, vous avez besoin de cette chanson! Garder dans votre esprit qu’elle est la marche de bataille de la Fraternité Blanche!
„FIR-FUN-FENNE. BENIS DIEU, O MON AME”
L’ORGUEIL PRECEDE LA CHUTE
Raconté par Boris Nikolov
В: Изгревът … Т. 3. София, 1995, с. 144. ISBN 954-90041-2-8
Le Maître montait au mont Moussallah presque tous les ans. Quand nous rentrions des Sept lacs où nous passions l’été à Sofia à la fin du mois d’août, le Maître allait encore une fois au mont Moussalah pour quelques jours au mois de septembre. C’était un groupe peu nombreux qui y allait, parce qu’un groupe important exigeait une organisation sérieuse et beaucoup de bagages. Nous étions cinq ou six frères à y monter avec Lui. Il préférait que ce soient des frères, pour que le groupe soit plus mobile et pour ne pas porter du poids inutile. Les frères portaient tout sur leurs dos, et les sœurs ne pouvaient pas porter des sacs lourds.
Je peux vous raconter une histoire intéressante. C’était en 1942. Jusqu’alors, nous escaladions le mont avec le Maître chaque année. C’était sa règle à lui. L’année en question Il était très fatigué et épuisé, et il se déplaçait très difficilement. Nous arrivâmes au chalet, nous louâmes une chambre, nous nous y installâmes. Nous étions cinq ou six frères, et en bas, dans la salle d’attente, il y avait deux ou trois touristes qui avaient allumé une radio branchée sur une batterie. A la radio, on transmettait des fêtes en Allemagne consacrées aux victoires d’Hitler. C’étaient des festivités pompeuses, avec des acclamations de milliers de personnes, avec des cris „Heil!“ On annonçait les noms des personnes qui entraient, qui se levaient, qui s’asseyaient: c’étaient des personnages très, très importants. C’étaient des festivités de propagande devant le monde entier. Les victoires se suivaient. Les Allemands se fatiguèrent des victoires.
Le Maître restait en haut, Il ne descendait pas en bas pour écouter la radio. Le frère Boyan Boev, lui, il écoutait la radio. Il maîtrisait la langue allemande, il avait été étudiant en Allemagne. Il vint voir le Maître en haut, dans la chambre, et il Lui fit un rapport: les festivités que l’on transmettait à la radio, ce qu’Hitler et Goebbels disaient au sujet de la puissance et de la force allemandes, et au sujet de leurs armées invincibles. Le Maître restait immobile, les sourcils froncés, en écoutant ce que le frère Boyan disait. Quand celui-ci finit de parler, le Maître releva la tête et dit une seule phrase:
– L’orgueil précède la chute!
Le frère Boyan Boev fut stupéfait. Après tant de victoires et de festivités, le Maître dit seulement cette phrase. Et depuis, le destin se retourna contre les Allemands. Nous savons et nous sommes témoins de la fin de tout cela. Ce qui suivit, ce fut la chute et la débâcle de l’Allemagne en 1945.
Et voici aussi la loi: „L’arrogance précède la ruine, et l’orgueil précède la chute!“ (Proverbes, chapitre 16, verset 18.)
Et nous qui étions autours du Maître, nous fumes témoins de comment Il dirigeait le destin du monde et définissait le chemin des peuples !
„PENSE, PENSE JUSTE”
LA VISITE EXTRAORDINAIRE AU CHALET „MOUSSALLAH”
Raconté par Galiléy Velitchkov
В: Изгревът … Т. 1. София, 1993, с. 56. ISBN 954-799-183-3
Je me trouvais dans la chambre où il y avait quelques lits dont un était disposé à côté de la fenêtre qui donnait vers le mont : ce lit était destiné au Maître. Déjà, quand nous nous installâmes dans la chambre, Il était d’un silence inhabituel. Alors que, dans d’autres cas, les conversations avec Lui se prolongeaient tard dans la nuit. Lors de pareilles soirées, le frère Boev prenait des notes, en écrivant des perles de sagesse et de mysticisme. Mais ce soir-là, nous aussi, nous étions silencieux et attentifs. Nous tous, nous nous préparâmes pour l’heure convenue du milieu de la nuit. L’assoupissement nous prit, même si, à certains moments, il quittait nos paupières. Cependant, le regard de ceux qui étaient éveillés capta l’inquiétude du Maître. Il allumait souvent la torche électrique pour vérifier la marche des aiguilles de la montre. La nuit dehors était silencieuse et calme. Mais voilà que vers 1 heure, Il alluma la torche et demanda à mi-voix Nedeltcho qui restait éveillé à côté de Lui: „Quelle heure est-il? Tout à l’heure, il était minuit, et maintenant il est de nouveau minuit?!“
Nedeltcho regarde sa montre et Lui chuchote: „Il est une heure, votre montre s’est arrêtée!
Rassuré par la réponse qu’il a donnée, Nedeltcho se rendort; le Maître, Lui, il se leva et regarda la nuit étoilée, fit un mouvement comme pour saluer quelqu’un, et se mit à parler en chuchotant dans une langue inconnue que l’on n’avait jamais entendue.
J’entendais des phrases isolées avec des combinaisons intéressantes de voyelles et des consonnes: incompréhensibles pour moi, mais probablement compréhensibles pour Celui avec Qui le Maître conversait.
Comme Thomas l’incrédule des jours du Christ, je fixai l’intérieur de la chambre pour chercher le visiteur, mais il n’y avait personne. Tout le monde dormait, et la conversation ne dura pas plus de 15–20 minutes, et après, il n’y avait plus que la main levée pour le salut qui était la preuve incontestable que le „rendez-vous“ était terminé.
Après, le Maître prit la couverture et se couvrit pour se reposer. Une scène inoubliable et mémorable de communication du Maître avec des êtres invisibles pour nous!
Pas très longtemps après, vers 2 heures, la torche fut rallumée, et la question au sujet de l’heure fut de nouveau posée à Nedeltcho: „Ma montre indique toujours minuit!“ Nedeltcho répond de nouveau, plongé dans le demi-sommeil: „Elle s’est arrêtée parce que vous ne l’aviez pas remontée!“ Le Maître ne répondit plus, et regarda longuement par la fenêtre, et puis se coucha de nouveau dans le lit.
Vers 3 heures, la lumière de sa torche commença à se promener dans la chambre, illumina un par un les amis qui s’étaient réveillés, et Il leur chuchota doucement: „Est-ce que nous serons prêt dans un petit moment? Et toi, Nedeltcho, réveille les amis dans les autres chambres et dis leur que vers 3 h 30 nous partons pour escalader le mont!“
Prestement, sans bruit, sans bavarder inutilement, les amis quittaient le chalet et commencèrent à escalader le sentier vers le mont. La procession mystique nocturne des lueurs dansantes des torches électriques ressemblait plutôt à une apparition qu’à une réalité. De temps en temps, le silence se brisait par une petite pierre dont le roulement était provoqué par un pas instable. Une apparition des temps des Bogomiles!
Sur le mont, l’Esprit de Moussallah nous attendait, ainsi que le lever du Soleil. Nous fûmes convaincus alors que la Source de la Vie est aussi extraordinaire et indescriptible.
„L’AMOUR EST UNE SOURCE”




